LE VILLAGE RASTA RENAIT DE SES RUINES

Depuis le passage des bulldozers en Juillet dernier, Jah Degui , De Gama et une centaine de la  communauté rasta résistent pacifiquement au milieu des ruines.

«”Ca s’est passé pendant 3jours”, raconte Jah Degui, un « naya bingui » c’est-à-dire un ancien. « Les bulldozers sont arrivés et avec l’appui d’un représentant de la Cour Suprême, ont rasé les trois plus anciennes maisons du centre-village. » C’est autour de ces trois maisons qu’artistes, musiciens et artisans y avaient  installé leurs ateliers et galeries marchandes.

A ce jour on ne connait pas l’identité exacte du commanditaire de la destruction. Il s’agirait d’une société, qui se revendique propriétaire depuis 1973. La communauté  crie à l’injustice/la calomnie.  Avec l’accord de la mairie, depuis 1996 elle habitait et entretenait le site de Palm Beach qui lui avait été cédé « a titre précaire ». Depuis 2001, par un  ODP (Observatoire de la Décision publique) la commune de Port-Bouët,et le ministère de la Culture reconnaissent officiellement le village rasta.

UNE VISION POST APOCALYPTIQUE

La cité balnéaire de Palm Beach  (Port-Bouët), n’en  est pas à son premier naufrage. Piscine, cocotiers en front de mer et plages propres… bien avant que la communauté rasta y implante son village, la plage de Palm Beach était digne d’une carte  Postale  avant de sombrer dans l’insalubrité.

Au milieu des hautes herbes et des détritus on aperçoit encore les vestiges d’Akwaba,  premier quatre étoiles construit sur le sol ivoirien et des ses dépendances, les trois maisons rondes. L’Empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié, et messie rastafari y a séjourné à deux reprises, en 1962, et 1978. Fermé à la demande d’Houphouët-Boigny, Akwaba tombe en ruines depuis 1978. Ses piscines ne sont plus remplies d’eau chlorées mais  de déchets et jus de cannettes de bières. 

Suite à la casse du  11Juillet, le  Ministère de la Culture a manifesté son soutien a la communauté artistique et a exprimé son mécontentement face une « casse injuste ». Rendu sur les lieux, le directeur du cabinet  a fait savoir qu’un dédommagement 500 000 serait prévu à la charge du coupable. En attendant que Justice soit rendue, les rastas  demeurent sur le site en résistance pacifique contre ce qu’ils considèrent être une « atteinte à la culture et à la communauté rasta. Ils dorment à la belle étoile et entretiennent comme ils peuvent une activité culturelle au milieu des ruines. ».   Prônant l’Art est notre première ressource »  ils s’appuient sur le soutient financier de 1million de CFA de Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly   pour la réhabilitation des lieux et  s’en remettent à Jah  : « Nous voyons cette casse comme un message ».

Le village rasta est avant tout, un lieu d’immersion dans la spiritualité rastafari,  à travers une culture rendue célèbre via une musique vastement exportée dans le monde et se veut ouvert aux adeptes comme au non adeptes. « Au touriste nous avons aussi un message à véhiculer à travers l’art » Ils en font leur mission mais lancent un appel au gouvernement « Nous allons guider le touriste, mais qu’il  nous laisse travailler, et nous sécurise »

En dépit des plaies qui se succèdent depuis sa création : guerre civile, litiges avec le gouvernement, érosion de la Côte… La communauté continue de se porter comme la fierté de la Côte d’Ivoire, « mais les instabilités n’aident pas » constate gravement De Gama, artiste ivoirien installé sur le village depuis 7ans. Face à ces instabilités il s’efforce de garder la foi et s’en remet à son art. «  Ce sont les artistes qu’on doit écouter, pas les politiques. Ici c’est une ambassade rasta, ce n’est pas affaire de Côte d’Ivoire ».

Malgré la vision post-apocalyptique des lieux, l’esprit rasta renaît de ses ruines. On peut dire que leur plus grande victoire est musicale. En attendant le retour des touristes et des exhilés, chaque week-end le Gnam Dem offre des live de reggae, roots et danse hall de qualité sur la plage, d’où s’échappent les positive vibrations  pour les plaisir des amateurs de reggae qui réinvestissent timidement PalmBeach. « “Le touriste est bienvenu”, insiste Jah Deghui, “Nous ne sommes pas oubliés et c’est un plaisir pour nous de l’accueillir alors qu’il vient dans un moment malheur ».

Gnam Dem

Contact infos concerts et festivals Jah Degui (+225) 09 60 26 09

Vridi, perpetuelle destruction ou recréation?
Le site Balnéaire de Vridi, accueille depuis 2001 “le  village rasta”. Rasé en Juillet 2012 sur decision de la commune, le village se remonte timidement de ses ruines.
Zoom Info
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